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letra de ombres - stratégie de paix

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refrain
sous les réverbères, une ombre
ignorée des regards éblouis par les lumières du monde
encore une ombre mise de côté
comme si c’était un cas isolé

salem, je m’appelle salim, fils de famille étrangère
j’ai cinq pet-tes soeurs et un grand frère exemplaire
aujourd’hui, les yeux de ma mère scintillent
après un an de mariage, la femme de mon frère accouche d’un fils
dorénavant, mes parents veulent me marier
moi, je les aime, mais je devrais les contrarier, j’en suis navré
j’ai peur de me confier, j’ai peur de la tempête
je songe au vase de famille éclaté en mille fragments de verre
la vérité est encombrante devant ce miroir triste
qui peut mieux que ma mère me comprendre, mais dites-moi qui ?
alors je m’avance dans la pièce, et la main posée sur elle
« maman, je suis h0m-s-xuel »
pourtant, pour vous, j’ai voulu vivre sans qu’on s’en aperçoive
mais, c’est tellement dur de ne pas être soi-même
dites-moi, comment respecter l’ignorance
quand les lacs de tolérance sont balayés par des torrents de violence ?
depuis, je rentre la peur au ventre
craignant les coups de mon père et les nuits glaciales de novembre
l’eau a coulé sous les ponts, je le sais, j’y dors chaque nuit
plus ma famille se braque, plus mes chances s’amenuisent
comme une bouteille à la mer, qui nage dans des vagues sourdes
j’envoie un appel au secours quand les tabous dép-ssent l’amour…

refrain

sans rancune réveil brutal, par ces p-ssants qui m’importunent
a la lueur de la lune ils me rappellent mon infortune
chaque nuit trouver refuge sur cette bouche de chaleur
vu qu’au centre ils refusent, mon chien qui les apeure
brûlures sur ma main lourde, et des engelures aux pieds
en silence la gangrène sourde de la survie me pend au nez
vie de forçat, 115, bapsa, esi, rsa
c’en est -ssez, l-ssé d’ces aléas, vice versa
ma vie je l’ai p-ssée, à l’ombre de la leur
carc-sse encr-ssée, encombrante et sans valeur
depuis l’exclusion nos âmes hantent leurs avenues
et pour leurs élections, nous n’sommes pas les bienvenues
nous, l’invisible sous-france, qui p-sse l’hiver dehors
pendant qu’à outrance l’indifférence demeure sans remords
moi j’crois les haïr autant qu’ils m’ignorent dans cette errance
et j’reste leur satire anonyme à la marge de l’espérance

refrain (x 2)

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